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EMA – Exile In The Outer Ring (2017)

EMA - Exile In The Outer Ring (2017)1. 7 Years
2. Breathalyzer
3. I Wanna Destroy
4. Blood and Chalk
5. Down and Out
6. Fire Water Air LSD
7. Aryan Nation
8. 33 Nihilistic and Female
9. Receive Love
10. Always Bleeds
11. Where The Darkness Began

Date de sortie : 25 août 2017 / Label : City Slang / Pays d’origine : Etats-Unis

Lorsque nous avions fait la connaissance d’EMA en 2011, son cœur balançait encore entre Rock et Folk. Avec « Past Life Martyred Saints » elle semblait reprendre les rênes de Cat Power avant que « The Future’s Void » ne vienne brouiller les pistes trois ans plus tard avec une approche instrumentale beaucoup plus industrielle. Aujourd’hui Erika M Anderson poursuit plus que jamais dans cette voie, en n’ayant aucunement l’intention de revenir vers quelque chose de plus Pop ou acoustique. Si le premier titre de l’album, « 7 Years » peut sembler de facture encore assez classique, elle enchaîne directement sur un « Breathalyzer » électronique, sombre et saturé qui pendant plus de 6 minutes plante le décor de ce nouvel album.

Aujourd’hui le son d’EMA est bien plus proche de celui de Cheslsea Wolfe, mais avec un discours plus politique. Elle s’est retirée dans un sous-sol de la banlieue de Portland pour mieux observer notre monde contemporain. Elle y évoque l’aliénation de la working class américaine, sa pauvreté, ses peurs omniprésentes et la brutalité du capitalisme. Il n’est donc pas étonnant de retrouver en arrière-plan un drapeau américain plutôt sale pour illustrer son propos sans concessions, notamment sur le désespéré « I Wanna Destroy » où elle parle indirectement de la haine bête et méchante tout en nous rappelant que nous ne sommes que peu de choses sur cette planète (« We’re arbitrary, we’re temporary… »).

Il est d’ailleurs souvent question du regard des autres dans la société, du sentiment d’être inutile, du désespoir que cela engendre (« Down and Out »). Puis elle s’adresse de façon très imagée à l’Amérique sur le très efficace « Aryan Nation », qui condamne sans avoir besoin de nommer, un titre ou son Rock industriel trouve le meilleur équilibre entre rage contenue et force mélodique.

Globalement « Exile In The Outer Ring » est l’album le plus difficile d’accès d’EMA au premier abord, expérimental, tortueux et enragé, mais il reflète une avancée logique dans sa carrière. On pense souvent à Nine Inch Nails, si les premières écoutes ne sont pas faciles, son œuvre se dévoile peu à peu comme un ensemble cohérent qui privilégie globalement des sonorités très noisy, mais dont se détachent finalement pas mal de titres forts, tout comme la personnalité de leur auteure. C’est ce qu’on appelle communément un disque sans concessions. On ne pourra pas la taxer de manque d’indépendance.

Pour plus d’infos:

Chroniques :

The Future’s Void (2014)
Lire la chronique de ‘Past Life, Martyred Saints’ (2011)

Lire l’interview d’EMA, Paris, le 7 novembre 2011

Galerie photos du concert au Festival des Inrocks – L’Olympia, Paris, 7//11/2011

http://www.iwannadestroy.com/
http://www.facebook.com/cameouttanowhere
https://twitter.com/the_EMA_

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