ZOLA JESUS – Stridulum II (2010) Chroniques by David Servant - 19 octobre 201021 août 2026 1. Night 2. Trust Me 3. I Can’T Stand 4. Stridulum 5. Run Me Out 6. Manifest Destiny 7. Tower 8. Sea Talk 9. Lightsick Date de sortie : 23août 2010 / Label : Souterrain Transmissions / Pays d’origine : Etats-Unis Derrière le pseudonyme Zola Jesus se cache Nika Roza Danilova, une chanteuse américaine originaire de Phoenix, aujourd’hui installée à Los Angeles. On aurait dû vite se douter que la demoiselle était un ovni, en voyant son nom à l’affiche en première partie de Fever Ray lors de sa dernière tournée. Sans être aussi énigmatique, celle-ci nous dévoile toutefois sur cet album un univers baigné de mystère. Si sa musique repose sur une instrumentation quasi exclusivement électronique, quelque chose d’étrange, de tribal, de chamanique, émane de ses chansons. Elle fut souvent comparée à Bat For Lashes, Kate Bush, voire Björk, mais si similitudes il y a, Zola Jesus semble avoir grandi dans une culture musicale beaucoup plus sombre, presque gothique, et c’est bien ce qui ressort sur cet album, apparemment plus accessible que ses premiers essais, qui n’est pas pour autant d’une grande instantanéité. C’est un peu là tout le charme mais aussi tout le problème de Zola Jesus. Cette sombre New Wave (New Age?!) a vraiment de quoi envoûter, progressivement, imperceptiblement, mais en même temps son chant aussi bon qu’affecté peut légèrement agacer. Si Stridulum II était un film, ce serait certainement une oeuvre de David Lynch, à la fois incompréhensible et captivante. Le déjà très noir ‘Night’ qui ouvre le disque est pourtant l’un des morceaux les plus directs. Si Zola Jesus a d’emblée l’air d’être une personne très perturbée, son invitation à découvrir la face cachée de la lune est fort séduisante pour qui sait s’y attarder. Avec cet écho quasi permanent sur la voix, son chant évoque la Cold Wave des années 80, avec peut-être un petit penchant pour Siouxsie & The Banshees. On la verrait donc bien clamer ses incantations au milieu d’un vol de corbeaux, ou en grande prêtresse de messe noire, dans une cave avec des chauve-souris… Seul le final, ‘Lightsick’, avant un piano plus en avant, nous laisse entrevoir les nouveaux horizons plus Pop qu’elle pourrait explorer à l’avenir. Et pourtant cette atmosphère est aussi repoussante et torturée qu’addictive, bref, plus on l’écoute et plus on y revient, prenant conscience des charmes évidents de ‘ Trust Me’ par exemple, mais aussi de ses qualités de compositrice derrière toute cette imagerie. Une chose est sûre, qu’on aime ou non Zola Jesus, elle fait preuve d’une grande maturité du haut de ses 21 ans et pourrait bien annoncer l’aube d’une nouvelle ère musicale, à suivre donc. Titres conseillés : Night, Trust Me, Sea Talk, Lightsick Pour plus d’infos : https://www.zolajesus.com/ https://www.facebook.com/ZOLAJESUS/ Articles similaires :ZOLA JESUS - "Okovi" - Sortie le 8…ZOLA JESUS - Okovi (2017)AUSTRA - Feel It Break (2011)CHELSEA WOLFE - Pain Is Beauty (2013)La playlist de juillet 2017BOOGERS - As Clean As Possible (2010)