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Chroniques express #54 : Ciska Ciska, Lucia & The Best Boys, Mary in the Junkyard, Graham Coxon, Eaves Wilder…

CISKA CISKA – LUCIA & THE BEST BOYS – MARY IN THE JUNKYARD – GRAHAM COXON – EAVES WILDER

CISKA CISKA - Page Of Cups (Reversed) (2026) LUCIA & THE BEST BOYS - Picking Petals (2026) MARY IN THE JUNKYARD - Role Model Hermit (2026) GRAHAM COXON - Castle Park (2026) EAVES WILDER - Little Miss Sunshine (2026)


CISKA CISKA - Page Of Cups (Reversed) (2026)CISKA CISKA – Page Of Cups (Reversed) (Belgique – Mayway Records – 11 septembre 2026)

Ciska Ciska est le projet de Ciska Dhaenens, une artiste basée à Gand qui vient nous rappeler que la scène musicale belge regorge de pépites — parfois nées de l’héritage des années dorées de dEUS ou de Girls in Hawaii, mais aussi d’influences plus lointaines. Elle le démontre avec autant de subtilité que de talent sur ce premier album. Au-delà de sa trame indie folk, qui oscille entre Angel Olsen (« Sweet Sixteen ») et Laura Marling (« Angel »), le disque laisse exploser des envolées rageuses portées par des guitares saturées. Ces déflagrations sonores et émotionnelles dominent la seconde partie de l’œuvre, de « Indoctrinate Me » à « Utopia ». Force et fragilité se côtoient ainsi à chaque instant sur Page Of Cups (Reversed), un album rempli de titres saisissants qui font de Ciska Ciska l’une des révélations majeures de l’année 2026, à découvrir absolument.

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LUCIA & THE BEST BOYS - Picking Petals (2026)LUCIA & THE BEST BOYS – Picking Petals (Ecosse – Communion records – 31 juillet 2026)

Il y a trois ans, Lucia & The Best Boys ont dévoilé un premier album au visuel sombre, qui renfermait une musique énergique et théâtrale, mi-rock, mi-pop. Paru cet été, Picking Petals reprend un peu les mêmes ficelles, mais bénéficie d’une aura plus alternative grâce à la production d’Yves Rothman au studio « Castle of Doom » de Mogwai. L’album se recentre sur la culture écossaise de Lucia Fairfull et sur la communauté créative qu’elle a su tisser autour d’elle à Glasgow et au-delà. Le groupe nous livre ainsi un disque toujours très pop, mais plus personnel, humble et proche de son public. En témoignent “You Look Like Somebody In Love” et son refrain très Scottish, ainsi que quelques singles particulièrement bien ficelés — de « Lonely Girl » avec Lauren Mayberry à « Big Romance » avec Abigail Morris (The Last Dinner Party).

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MARY IN THE JUNKYARD - Role Model Hermit (2026)MARY IN THE JUNKYARD – Role Model Hermit (Angleterre – AMF Records – 3 juillet 2026)

Formation britannique composée de Clari Freeman-Taylor (chant, guitare, violoncelle, alto, violon), Saya Barbaglia (contrebasse, alto, violon, chœurs) et David Addison (batterie), mary in the junkyard fait partie de ces groupes qui dépassent largement les cadres de l’indie formatée. Leurs compositions se révèlent à la fois complexes et d’une apparente simplicité. On pense au dernier Black Country, New Road, au folk spectral de The New Eves (sur « Thou Shalt Sprout ») et, par moments, à une version plus épurée des débuts d’Arcade Fire. Le trio avance dans un registre à la fois candide et expérimental, où tout s’enchaîne avec une grande fluidité. Entre la prose habitée de Clari Freeman-Taylor sur « Crash Landing » et le riff entêtant de « Blood », cet album captive par son étrangeté. Role Model Hermit s’impose ainsi comme un premier opus de haut vol.

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GRAHAM COXON - Castle Park (2026)GRAHAM COXON – Castle Park (Angleterre – Transgressive Records – 12 juin 2026)

Graham Coxon a entamé cette année une vaste campagne de réédition de ses albums solos (et même de ses bandes originales), du plus tubesque Happiness in Magazines (2004) au plus obscur et exigeant The Golden D (2000). Mais c’est avec un inédit qu’il a décidé d’ouvrir les festivités… Au détail près que Castle Park n’est pas un véritable nouvel album : enregistrés en 2011 lors des sessions de A+E aux studios The Pool à Londres, ces titres sont restés au placard pendant quinze ans ! Accaparé par Blur et ses autres projets, le musicien n’avait jamais pris le temps de sortir ce disque. Une omission presque incroyable tant cet opus s’avère supérieur à A+E, tout en étant bien différent. Porté par un charme rétro, Castle Park baigne dans les influences profondes de Graham Coxon — très 60s —, avec des morceaux marqués par les Kinks (« When You Find Out », « Billy Says »). L’ensemble est illustré par une pochette tout aussi vintage, qui reflète parfaitement l’esprit de ce disque d’une grâce absolue.

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EAVES WILDER - Little Miss Sunshine (2026)EAVES WILDER – Little Miss Sunshine (Angleterre – Secretly Canadian – 17 avril 2026)

Cela fait déjà un moment que l’on attendait le premier album d’Eaves Wilder, au moins depuis son EP Hookey en 2023 et sa prestation au Pitchfork Avant-Garde l’année suivante. Très indie rock dans l’âme, ce premier effort n’était qu’un avant-goût de ce qui allait advenir sur un long-format bien plus affirmé, fusionnant le folk de Laurel Canyon, la dream pop des années 80 et le grunge des années 90. C’est exactement ce que renferme le titre d’ouverture « Hurricane Girl », avec son introduction à la guitare acoustique relayée par un refrain saturé. Portée par une voix enfantine et perchée dans les aigus, l’artiste emmène ses compositions vers les cimes, notamment sur le refrain de l’impeccable « Everybody Talks ». Marqué par ses lectures d’enfance (La Petite Maison dans la prairie de Laura Ingalls Wilder) et par ses propres évolutions émotionnelles, le disque célèbre les cycles de la nature. Une atmosphère particulièrement lumineuse et rêveuse s’en dégage : c’est un vrai plaisir d’accompagner Eaves Wilder dans les « Great Plains », qui incarnent si bien l’esprit espiègle et solaire de cet album.

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