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PHANTOGRAM – Three (2016)

PHANTOGRAM - Three (2016)1. Funeral Pyre
2. Same Old Blues
3. You Don’t Get Me High Anymore
4. Cruel World
5. Barking Dog
6. You’re Mine
7. Answer
8. Run Run Blood
9. Destroyer
10. Calling All

Date de sortie : 7 octobre 2016 / Label : Caroline Records / Pays d’origine : Etats-Unis

En l’espace de trois albums, Phantogram a gagné bien plus qu’un succès d’estime de l’autre côté de l’Atlantique. Si leur statut de groupe « indé » est encore d’actualité ici, ils ont atteint celui de stars en Amérique. Le temps des premières chansons sorties chez le label indépendant Barsuk semble bien loin, non seulement en raison de leur succès, mais aussi de leur évolution musicale. Le duo composé de Josh Carter et Sarah Barthel a en effet franchi un cap avec ce troisième opus. Beaucoup plus produit, « Three » reflète certainement les nouveaux moyens dont ils bénéficient aujourd’hui. Mais il ne faudrait pas s’y tromper pour autant, si Phantogram a connu une telle ascension, c’est surtout en raison de leur exigence artistique pointue, et cet album ne fait pas défaut à la règle.

Dans un premier temps, on aimerait bien coller une étiquette plus Pop, puis plus Rock à « Three ». Mais c’est plus complexe que cela. A la découverte du sombre et ultra-direct single « You Don’t Get Me High Anymore » et de de sa production gonflée, on s’est dit que le duo était bien loin de « Voices » (2014) et encore plus de « Eyelid Movies » (2009). Pourtant rien n’a vraiment changé. Certes, les beats sont plus lourds, mais cet album reflète un désir d’expérimentation constant. Le résultat, c’est un disque de 10 titres qui se suivent mais ne se ressemblent pas.

Inconsciemment ou non, les collaborations récentes du duo (avec Big Boi d’Outkast sur Big Grams) ont certainement influencé le son de cet œuvre, toute comme la participation de Tricky Stewart (producteur Soul qui a travaillé avec Rihanna et Beyoncé) et The-Dream, artiste Hip Hop lui aussi très connu aux US. On le devine sur des titres comme « Run Blood Run », bien que l’ambiance générale et l’interprétation de Sarah Barthel évoquent également des formations Trip Hop comme Massive Attack. A côté de cela, Phantogram reste bel et bien un groupe qui marie avec beaucoup d’aisance guitares électriques et électronique. Le résultat est particulièrement convaincant sur le mélancolique « Destroyer » au refrain ravageur, mais aussi sur le plus varié « Same Old Blues » qui intègre des samples Gospel en ouverture.

Si Sarah Barthel s’impose comme la véritable interprète du groupe, Josh Carter n’est pourtant pas en reste, loin de là, car c’est lui qui chante sur « Barking Dog », un titre particulièrement triste et émouvant sur le thème du suicide qui est aussi l’un des points culminants de cet album. La noirceur présente de bout en bout dans l’atmosphère déployée par le duo nous convainc enfin qu’il n’a pas tellement changé. « Three » est un disque qui pourrait surprendre ou décevoir certains fans des débuts, mais il est pourtant leur effort le plus abouti à ce jour. Et si ses airs plus Pop lui ouvrent les portes des radios de grande écoute, eh bien tant mieux, des titres comme « Answer », le Krautrock « Funeral Pyre » ou le très dansant « Calling All » ne pourront que remonter la qualité globale des programmations. Merci Phantogram.

Pour plus d’infos :

Lire l’interview de Phantogram, le mardi 8 novembre 2016

Le Petit Bain, Paris, mardi 8 novembre 2016 : galerie photos

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